Nos poètes les ont chantés...

Aimé Césaire, Sony Rupaire, Guy Tirolien, Max Rippon, Carlomann Bassette, nos élèves du collège, nombreux sont les poètes qui ont sublimé cette page tragique de l’histoire de la Guadeloupe. Découvrons ensemble quelques-uns de ces poèmes.

Sonny RUPAIRE

C’était le jour pourtant. Pourtant ce fut le jour
Matouba
Le soleil aveuglé de vivants coutelas
Matouba
Et ces corps nus mourant au bout des doigts des vagues
Matouba,
Et le sang dans la mer, et le sang dans la terre
Matouba
Et trois cents sang giclés vers ton ciel
Matouba
Crépuscule éternel serti dans nos mémoires
MATOUBA,MATOUBA
Pourtant, c’était le jour. Ce fut le jour, pourtant.

Extrait de Cette igname brisée
Sonny RUPAIRE , poète guadeloupéen

Carlomann BASSETTE, poète guadeloupéen

Ignace ! Delgrès !
Immortels combattants inflexibles audacieux
Vos noms d’ébène inondent de lumière
Votre sacrifice illumine notre route
Votre foi fut de feu
Notre honneur est de sang
Ignace ! Delgrès !
Pairs de nos pères martyrs
Pairs de nos pères avilis
Phares inexpugnables de notre vaillance
Citadelle de notre audace
Avec vous, après vous nous crions :

« VIVRE LIBRE OU MOURIR ! »
Extrait de  Les Preux

 

Et toi, Postérité, accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.
Louis DELGRES

 

Aimé CESAIRE

Mais quand à Baimbridge, Ignace fut tué
Que l’oiseau charognard du hurrach colonialiste
Eut plané son triomphe sur le frisson des îles
Alors l’Histoire hissa sur son plus haut bûcher
La goutte de sang que je dis
Où vint se refléter comme en profond parage
L’insolite brisure du destin.

Extrait de Mémorial Louis Delgrès     Ferrements
Aimé CESAIRE ( 1913,   ) poète et homme politique martiniquais

Armée en marche

Ernest PEPIN : écrivain et poète guadeloupéen

Delgrès
Beau flamboyant
Tête amarrée du dernier rhum
De la dernière ivresse d’un boucan d’orgueil
Et cet air de violon solitaire
Aux remparts du désastre
D’un siècle désaccordé
Rouge
Trois cents cœurs
Trois cents tonnerres
Battant les cartes du refus
Déchirent l’après-midi
D’un seul coup de sangsue
Insolente
D’un seul coup d’éclipse
Sanguinolente
Et goutte à goutte
La lave de l’univers envenimée d’audace
Saigne trois cents fois
Trois cents flamboyants
Éclair de confettis rouges
Delgrès
Mon honneur
Vivre libre ou mourir

 

Tressy TOP (6ème 8 collège Maurice Satineau)

Ils nous ont fait souffrir
Et se sont mis à rire

Ils nous ont transformé en moutons
Pour récolter canne à sucre et coton

Et pourtant
Comme  on voulait vivre notre vie !

On était solidaire,
On était si nombreux,
Mais on devait se taire

Et pourtant
Comme  on voulait vivre notre vie !

Soyons vraiment libres pour la vie !

 

 

Proclamation de Louis Delgrès traduite en créole
par l’atelier théâtre du FSE

 

Toupannan syèk-la ka kléré
Toupannan filozòf ka baboulé asi libèté,
yo vlé nou rété anba jouk a lesklavaj !

Fò nou kriyé pou pitit a pitit an nou
Kònnèt tribilasyon nou sipòté.
Jòdijou, solda a Répiblik vlé pongné nou !
Pou yo, tout nèg nwè kon esklavaj .
Pisimyé lanmò ki lajòl !

Nou koumansé pran tròp fè épi'w Napoléon!
Pou nou, ou té on mèt a mannyòk, gran solda, gran filozòf.
Gadé ki jan ou vini bouwo an nou, bouwo a nèg !
Pou an fanm brenzeng,
Ou lagé nou pou chyen foré si nou,
Pou solda'w masakré nou .
Dabò pou yonn, nou pa tchouyé fanm é timoun .
Lè lymiè a filozòf ka kléré,
Krim an nou, sé koulè a po an nou !

Mé nou pé ké pliyé,
Nou pé ké pléré,
Nou ké mò doubout
Nou ké mò rèd o konba :
Nou chwazi libèté !

 

Sonjé yo !!!

Le nom de ces martyrs, héros de la Liberté sont peu connus en Guadeloupe, excepté les plus célèbres. Découvrons quelques noms que l’Histoire a pudiquement ignorés ...

 

Solitude.

Solitude


Solitude, la mulâtresse farouche combattante de la liberté pendant l'épopée de Delgrès et Ignace.

Enceinte et sur le point d'accoucher au moment de sa capture par les troupes de Richepanse, elle fut pendue le 29 novembre 1802 au Bas du Bourg au lendemain de son accouchement.

 

Palerme et Jacquet.


Palerme chef de bataillon des troupes noires sous Victor Hugues devint commandant de la place d'armes de Pointe-à-Pitre. A Dolé, aux cotés de Jacquet et à la tête de 200 hommes, il défit un bataillon de 900 hommes de troupes coloniales parties de Pointe-à-Pitre pour prêter secours à Richepanse.

A nouveau attaqués à revers sur le poste de Dolé, ils battirent les troupes coloniales emmenées par le Capitaine Crabé et passèrent par les armes un officier pour crimes de guerre.

 

Capitaine Mondesir Grippon

Capitaine de la garde nationale, fut pendu et son cadavre exposé au morne Constantin.

 

Capitaine Nicolo


Combattant, fut blessé et mourut aux côtés de Delgrès à Baillif au cours de l'assaut des troupes de Richepance menées par Pélage et Gobert.

 

Massoteau


Chef de bataillon, nommé commandant de la place d'armes de Basse-Terre, se rebelle aux cotés d'Ignace en quittant le fort de la Victoire à Pointe à Pitre.
Il meurt noyé au cours du trajet conduisant les rebelles de Petit-Canal vers la Basse-Terre.

 

Noël Corbet


Homme de couleur, commerçant de Pointe à Pitre, promu commandant du fort Fleur d'Epée. Aux cotés d'Ignace, il livra notamment bataille à Basse-Terre devant la rivière des Pères face à Richepance.

 

Le Capitaine Dauphin


Combattant auprès de Delgrès à  Matouba, il fut retrouvé mutilé mais vivant après l'explosion du fort. Il fut pendu au cours Nolivos à Basse Terre et son cadavre exposé sur la potence du morne Constantin.

 

Jean Charles


Corsaire, a tenu tête avec quelques hommes à un bataillon entier des troupes coloniales de Richepance, prisonnier après la bataille de Matouba, il fut pendu et exposé au morne Constantin.

 

Capitaine Doria et Sans Peur


Combattants aux côtés de Delgrès, prisonniers après la bataille de Matouba, furent pendus et exposés au morne Constantin.

 

Marie-Rose Toto

Combattante, maîtresse de Delgrès.
Enfermée avec lui dans le Fort, elle eut la jambe fracturée et fut portée au bourreau sur un brancard et pendue au Morne Constantin.

 

Monnereau


Aide de camp et secrétaire de Delgrès, condamné à être pendu pour avoir rédigé la proclamation de Delgrès, il fut supplicié et son cadavre exposé sans sépulture jusqu'à putréfaction.

 

Ignace

Ignace


Ancien menuisier, s'était engagé dans l'armée de Victor Hugues.
Combattant les Anglais en juin 1794, il avait gagné ses galons de capitaine.

Il commandait le Fort de La Victoire à P-à-P à l'arrivée de Richepance et refuse de déposer les armes comme celui-ci le demandait aux soldats noirs réunis dans la plaine de Stevenson.
Avec une poignée de soldats et d'officiers il échappe à la vigilance du corps expéditionnaire et rejoint Delgrès à Basse-Terre. Il se retira au Fort Baimbridge, où il fut assiégé par les troupes esclavagistes commandées par Pélage et Gobert. Vaincu par la disproportion des armées il y trouve la mort avec la plupart de ses compagnons

 

 

 

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